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Les dispatchings s’informatisent

Le contexte d’exploitation du système électrique
Le développement important du réseau , la mise en construction d’un parc de production de plus en plus centralisé, les exigences croissantes en matière de sûreté, de qualité et d’économie nécessitaient de mettre à disposition des dispatchings de plus en plus d’informations tant au niveau temps réel pour conduire le Réseau, qu’au niveau statistiques afin optimiser les investissements à moyen et long terme ainsi que déterminer les programmes prévisionnels de marche des groupes de production

 

Le virage du numérique

EDF, de façon novatrice, a entamé le virage du numérique. En matière de système électrique, Il a porté sur deux volets, l’acheminement des informations au dispatching et les moyens de calculs, et s’est déroulé en 3 étapes :

 

  • 1961 : décision d’approvisionner un calculateur pour le dispatching national.
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Au début des années 60, les moyens de calcul dont disposait le dispatching national se réduisaient à une table à calcul à courant continu, utilisée pour des calculs de répartition de charge, les calculs de puissance de court-circuit et pour l’élaboration de plans optimaux de production (minimisation des pertes).

 

Le développement du réseau à 380 KV, l’arrivée de centrales de production à coûts marginaux voisins ont rapidement rendu ces moyens de calcul très insuffisants.

 

La mise sur le marché des premiers ordinateurs à vocation scientifique, la naissance en France de compétences sur le développement de logiciels « temps réel » ont conduit à approuver la commande d’un premier ordinateur le 25 octobre 1961. Un CAE 570 (remplacé ultérieurement par un CAE 90-80) a été installé en 1963 au Dispatching national pour y accueillir les modèles de calcul développés par la Direction des Etudes et Recherches.

 

Une première étape concernait le renforcement de la sécurité du réseau : Calculs de répartition, Analyse de sécurité (impact des déclenchements) et calculs de puissance de court-circuit.

 

Une deuxième étape concernait l’optimisation du plan de production, en fournissant un plan de production des usines thermiques et hydrauliques pour le lendemain.

  • 1962 : lancement du projet « informations codées »
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L’objectif principal de ce projet était de permettre le rapatriement en nombre au dispatching de télémesures avec une précision garantie de 1% et dans un délai de l’ordre de 10 secondes pour la réception. Ces deux paramètres auront marqué les cinquante années qui ont suivi l’aboutissement du projet.

 

Il devait également offrir à l’arrivée un format analogique pour présentation sur des tableaux synoptiques muraux et un format numérique pour acquisition et traitements automatisés par un ordinateur.

Les premiers à bénéficier de cette nouvelle technologie ont été les synoptiques qui, outre les positions des organes de coupure, pouvaient désormais afficher des valeurs de mesures sous forme de quartiles.

 

Au delà de la réussite des objectifs initiaux, le projet a été remarquable par l’organisation mise en place tant au niveau conception, qu’au niveau formation, déploiement et retour d’expérience.

 

Vous pourrez en savoir plus sur ce projet à la station téléconduite.

  • 1964 Décision d’équiper tous les dispatchings en SCADA
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La mise à disposition aux dispatchings par le projet « infos codées » de mesures au format numérique a ouvert la voie à l’informatisation de tous les dispatchings.

 

Décision fût donc prise vers 1964 d’équiper le dispatching national et les huit dispatchings régionaux d’un système informatique permettant l’acquisition des données en provenance du terrain, la présentation à l’opérateur de ces données, leur surveillance et la réalisation de post-traitements sur celles-ci ou des données introduites par ailleurs.

 

Le développement de ce premier palier a été mené de concert entre le fournisseur retenu (CAE/CII) et EDF. Plus de quarante ans plus tard, la réussite de ce développement nous laisse encore admiratifs. Envisager que l’on puisse faire tenir, OS compris, les fonctionnalités d’un vrai SCADA de base avec moins de 100 Koctets de RAM semble aussi impossible que l’existence de la « fourmi de 18 mètres avec un chapeau sur la tête » de Robert Desnos. La réussite s’est notamment appuyée sur :

  • la mise en œuvre de concepts simples mais efficaces servis par une excellente connaissance des capacités de la machine.
  • l’optimisation à tous les niveaux : instructions déroulées, occupation de la mémoire vive au bit près, optimisation de la cartographie du disque et des mouvements des bras pour minimiser les temps de chargement.
  • une répartition judicieuse entre mémoire vive et disque, tant pour les programmes que pour les données.

L’exploit est d’autant plus grand que les tâches de production et de tests des logiciels étaient particulièrement lourdes et sans outillage d’aide

 

Les fonctionnalités de départ étaient les suivants :

Chaque dispatcheur disposait d’un poste de travail à 1 ou 2 écrans alphanumériques monochromes et d’un clavier alphanumérique complété par des touches de fonction, le tout lui permettant :

  • D’afficher des schémas de poste simplifiés (représenté à l’aide des caractères disponibles),

 

  • D’afficher des listes de mesures par poste,

 

  • De mettre en ou hors surveillance des mesures,

 

  • De modifier des états de télésignalisations réputés faux (fonction masquage),

 

  • De consulter la liste des alarmes et des dépassements de seuils.

 

 

Vous pourrez en savoir beaucoup plus en vous rendant à la station consultation près de l’entrée et en allant sur le conservatoire des télécommunications.

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